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Le Blog PS Fréjus

Enseignement superieur, communique du bureau national

7 Octobre 2007 , Rédigé par socialistes frejussiens

 

Communiqué du Bureau national

 

L’enseignement supérieur représente pour le Parti Socialiste,

une priorité absolue :

 

. D’abord pour des raisons de justice sociale : aujourd’hui nous connaissons une sélection par l’échec, mais aussi par l’argent qui conduit à la pérennisation d’une vraie ségrégation sociale. Cette situation n’est pas acceptable. Le taux d’échec en premier cycle atteint les 60 %. Il s’agit d’un formidable gâchis pour les étudiants, pour les familles, pour le pays. De surcroît, rien n’est prévu à la rentrée 2007 pour améliorer la situation, puisque aucun recrutement supplémentaire d’encadrement en premier cycle n’est envisagé : pire, cette forme de stagnation semble reconduite dans le projet de budget 2008.

 

. Pour des raisons économiques et de développement scientifique : il y a nécessité d’augmenter le nombre d’étudiants qui réussissent en premier cycle et au-delà du premier cycle. Notre pays connaît aujourd’hui d’importants retards au regard de la plupart des grands pays industrialisés (USA, Japon, pays scandinaves). Notre taux de diplômés de l’enseignement supérieur reste très en retrait. Il y va finalement des progrès de la recherche et de l’emploi de demain.

 

. Pour des raisons démocratiques et d’émancipation collective. Le pari de l’intelligence qui est devant nous suppose l’élévation du niveau d’éducation et de formation générale. C’est un enjeu décisif pour la remise en marche de l’ascenseur social individuel et collectif. Il s’agit en outre de réhabiliter franchement la culture du progrès dans notre pays, qui passe par la formation de haut niveau, et la diffusion des connaissances.

 

Face à tous ces défis, force est de constater que le gouvernement n’est pas au rendez-vous. Plutôt que de mettre le « paquet » au service d’une politique dynamique de l’enseignement supérieur, dès cette rentrée, il a préféré le paquet fiscal de l’ordre de près de 13 à 14 milliards d’euros, au profit de ses clientèles. La réforme votée à la hâte en juillet dernier, et exclusivement consacrée à la gouvernance, ne comporte aucun moyen supplémentaire, aucun collectif budgétaire. Les chantiers consacrés à la vie étudiante ou à la réussite en licence ne démarreront qu’en 2008, et de surcroît dans des conditions insuffisantes pour ne pas dire homéopathiques : 120 millions d’euros supplémentaires seulement. Cette réforme fait en outre l’impasse sur les nécessaires rapprochements entre l’enseignement supérieur et la recherche, entre les universités et les grandes écoles.

Le bricolage annoncé par Valérie PECRESSE en termes de bourses étudiantes est insuffisant et ne concerne de surcroît que la rentrée universitaire 2008. On ne pouvait mieux signifier la volonté de faire l’impasse sur la rentrée 2007. A noter que l’allocation des aides n’intervient qu’à partir d’octobre alors que la majorité des rentrées s’effectuent courant septembre.

Les conditions de logement étudiant vont donc continuer de se dégrader à l’aune de la flambée des prix de l’immobilier, en particulier dans les centres villes. Les carences observées lors de cette rentrée seront d’ailleurs prorogées à la rentrée 2008 : le projet de budget 2008 prévoit en effet une quasi stabilisation des investissements du CNOUS.

 

                                                                                                              

Les conditions d’accès aux soins et de prévention risquent d’être encore altérées alors que d’ores et déjà, 23 % des étudiants renoncent à se soigner faute de moyens financiers suffisants.

 

La vétusté des bâtiments universitaires connaîtra une nouvelle aggravation, tandis que le pouvoir d’achat moyen des étudiants va encore décroître. Ainsi, 75 % des étudiants sont plus pauvres lors de cette rentrée qu’à la rentrée 2001. A noter qu’aujourd’hui près de 40 % des étudiants sont contraints de travailler comme salariés au-delà du mi-temps hebdomadaire pour tenter de financer leurs études. Cette contrainte explique en partie le taux d’échec dès la première année, sur des bases de ségrégation sociale.

 

En clair, les conditions de vie étudiantes ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il s’agit pourtant d’une donnée décisive pour démocratiser l’enseignement supérieur et réduire le taux d’échec.

 

L’objectif d’augmenter de 10 % l’an les moyens de l’enseignement supérieur reste d’actualité. Il n’y aura pas de démocratisation de la vie étudiante sans amélioration des conditions matérielles des étudiants, dont une forte minorité subit aujourd’hui la pauvreté. Cet effort collectif correspond à un investissement indispensable, d’ailleurs inexistant à cette rentrée et non programmé au budget 2008. Il devrait participer d’une meilleure symbiose entre recherche et enseignement supérieur, d’une part, et universités et grandes écoles d’autre part, afin que l’université redevienne le pôle d’excellence.

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